Lali

25 avril 2006

Le pesto de Denis

Filed under: Images indélébiles — Lali @ 13:52

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Quand Denis m’a initié aux rudiments de l’art du pesto, de la cueillette du basilic dans son jardin jusqu’aux pignons du marché Jean-Talon, il savait déjà qu’il n’y aurait pas de seconde chance. Que ce souper serait le dernier et non pas celui des au revoir, le temps de son exil pour aller écrire à la campagne, dont il n’est jamais revenu.

Et chaque fois que je mange du pesto, c’est à lui que je pense. Au temps qu’il a passé avec chacun d’entre nous alors qu’il se savait condamné. Je pense à ses yeux dans les miens, inquiets, quand il avalait ses capsules d’AZT qui n’ont pas su l’épargner. Les siens souriaient, comme pour contrer ce qui se passait en moi de tempêtes.

Cet ultime soir, nous l’avons consacré à sa passion pour l’Italie, où il avait vécu. Pesto, valpolicella, promenade dans la Petite Italie et arrêt obligatoire pour le capuccino chez le Sicilien du coin. Des airs d’opéra, aussi, si je me souviens bien.

Denis Bélanger m’a fait un immense cadeau ce soir-là.
Il a fait que jamais je ne posséderai d’image triste de lui, mais toujours celle d’un amoureux de la vie et de ses plaisirs. Il s’est éteint en avril 1992, laissant des romans que je relirai peut-être un jour. Sa présence n’est pas dans ses mots, mais dans chaque bouchée de pâtes au pesto.

Il était peut-être un professeur de bonheur.

24 avril 2006

Printemps à Anthisnes

Filed under: Mes histoires belges,Vos traces — Lali @ 19:08

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J’aime les premières fleurs du printemps, celles qui osent et qui n’attendent pas les autres, celles qui pointent timidement ou alors, fièrement, comme dans le jardin de Jocelyne, à Anthisnes. Elles se dressent vers l’ouest, comme pour se signaler à moi.

J’aime les fleurs du jardin de mon amie belge. Ce ne sont peut-être que des photos pour vous. Pour moi, ce sont les premières nées de ce jardin que je connais en juillet, un jardin que Jocelyne entretient avec amour. Et ces fleurs, dès qu’elles ont jailli du sol, il lui fallait me les faire voir, les partager avec moi.

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Je les regarde et j’imagine Jocelyne, penchée sur elles, toute émue de les voir arriver, pressée de me les montrer. Elle, qui s’émerveille de tout, m’émerveille, moi. Elle est plus qu’une inspiration, plus qu’une complice avec qui je ris ou je pleure, plus qu’une amie au loin à qui je fais découvrir mon bout du monde et elle le sien. Elle est de ma famille. Elle est ma grande sœur.

J’aime quand elle me parle de sa grand-mère qui tenait une libraire à Spa et qu’elle allait aider, gamine. J’aime sa passion pour les livres qui a germé de ces journées à les palper et les ranger. Une passion qui ne l’a jamais quittée et qui fait que dans toutes les pièces de sa maison il y a des livres. Mais il n’y a pas que les livres qui nous unissent.

Je ne saurais dire tout ce qui nous lie tant tout cela est vaste, tant notre curiosité est identique, tant nous aimons les mêmes choses, tant les mots nous viennent au même moment, tant même le silence est plein de partage.

Ces fleurs, elle me les a offertes, et je vous les offre à mon tour pour vous transporter à Anthisnes, au pays d’Ourthe Amblève, là où vit une femme exceptionnelle et généreuse qui veille sur moi.

23 avril 2006

Journée mondiale du livre et du droit d’auteur

Filed under: États d'âme — Lali @ 19:56

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J’aime cette journée, même si je ne participe à aucune rassemblement.
J’aime qu’elle existe et qu’elle soit soulignée. Même si pour moi, c’est chaque jour la journée du livre.

Car il n’est pas de journées sans livre, sans touner les pages, sans m’enivrer de mots, sans partir à la conquête de l’imagination. C’est la seule chose qui me soit vitale, outre l’écriture. Je suis en manque sans lecture, un peu comme si l’air se rariéfait. Rien ne possède ce pouvoir de m’alimenter comme les livres. Rien.

J’ai bien essayé autre chose, mais ce n’était jamais ça.
Que j’ai bien du mal à décrire, mais qui me comble. Un sentiment de plénitude, de bien-être, d’accord avec moi-même.

C’est une belle journée aujourd’hui. Elle réunit dans l’universalité les amoureux des livres. Dont je suis.

22 avril 2006

Au revoir, Henri

Filed under: États d'âme — Lali @ 20:09

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Louise et moi avons la même arrière-grand-mère. Nos grands-mères étaient sœurs, son père et ma mère cousins. La vie nous a mis en présence l’une de l’autre il y a quelques années. Et nous sommes l’une comme l’autre fières d’être petites-cousines.

Elle s’amuse avec les couleurs, je joue avec les mots. Le reste, c’est entre nous. La complicité, les conversations, les racines, le cœur.

Cet après-midi avaient lieu les funérailles d’Henri, son père. Mon beau cousin qui venait prendre des nouvelles de toute la famille à la librairie. Mon cousin aux yeux brillants et vifs. Qui a aimé la vie comme peu, qui a aimé Monique et ses filles d’un amour incomparable.

Je crois que ceux et celles qui sont aimés ainsi reçoivent tellement que ça leur donne plein d’amour à partager. Louise est comme ça. Elle donne sans compter, son temps, son énergie, sa fougue, son amour. Elle a eu beaucoup, elle donne beaucoup.

Est-ce cela, en dehors de nos affinités pour les arts, qui nous lie? Le fait que nous ayons toutes deux été beaucoup aimées par nos parents pour qui leurs filles étaient tout? C’est possible.

Je sais que ma Loulou est pour moi un cadeau du ciel. Elle n’est pas la seule.
Mais ce soir, c’est à elle que je pense. Elle a perdu, j’en suis certaine, l’homme qui l’a le plus aimée. Et cet homme, je suis heureuse de l’avoir connu. Être passé à côté d’un homme d’une telle bonté serait bien pire que le fait de le perdre.

Au revoir, Henri. Continue d’être une inspiration pour ceux qui ont eu le bonheur d’être des tiens.

21 avril 2006

Pour quelques clés…

Filed under: États d'âme — Lali @ 20:31

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J’ai paniqué, j’ai mis l’appart sens dessus dessous pour les trouver, j’ai vidé toutes les poches de vestes et de manteaux, j’ai fouillé dans les endroits les plus inusitées. Elles étaient toujours à la vue. À côté de l’ordi, près du courrier de la veille, sur le comptoir de la cuisine. Mais j’avais une telle peur de les perdre que je me faisais un sang d’encre chaque fois. Surtout à l’époque où sur le trousseau il y avait en même temps les clés de chez moi, de chez mes parents, de chez mon ex, de ma voiture, de sa voiture, de la pharmacie de mes parents, d’une maison d’édition et de la librairie.

Ça aurait été la catastrophe.
Et même quand le trousseau s’est trouvé de plus en plus réduit, restait en moi cette phobie de perdre mes clés.

Aujourd’hui, la crainte a disparu. Si je suis à l’intérieur, c’est qu’elles y sont aussi.
Mon cœur ne bat plus la chamade, si je les cherche un peu. Elles sont là, pas loin.

Voilà un bon point à cette nouvelle vie que j’apprivoise encore. Je panique moins vite pour un rien.

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