Lali

28 août 2006

Une lectrice disponible à se laisser emporter

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:46

pz

Devient-on solitaire à force d’aimer les livres, et tout ce qui a trait aux mots et au savoir, ou aime-t-on toutes ces choses parce qu’on est avant tout, par nature, solitaire ? La toile de Partou Zia ne répond pas à ma question.

On ne sait rien de la lectrice. On ne voit que son regard posé sur le livre ouvert, une main qui tient celui-ci et l’autre la tête. Le reste n’est que décor. Tout est dans ce regard et cette bouche quasi étonnée. Mais il y a aussi beaucoup de douceur dans les teintes choisies. Cette liseuse offre une image paisible. Ce n’est pas la seule. Il y a dans la lecture plus que les mots, plus que ce qui est raconté. Il y a ce qu’on y trouve et qu’un autre ne trouvera pas. Et parfois, quelque chose qui va changer notre perception, éclairer une zone d’ombre ou semer un doute.

Je n’ai aucune idée de ce qui fera chavirer cette lectrice. Je peux juste percevoir qu’elle est disponible à se laisser emporter. Et c’est ainsi que nous devrions tous ouvrir un livre. Jamais autrement.

27 août 2006

La lectrice aux cheveux en bataille

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:42

susancouden

J’aime les teintes de la toile de Susan Couden, la chevelure ébouriffée qui ressemble à la mienne, la concentration de la lectrice, les lignes fines du nez, des lèvres er des doigts.

Une toile qu’on pourrait dire automnale pour la richesse des couleurs et les ors qui se marient aux couleurs.

De celle-ci, je retiendrai avant tout la chevelure. C’est là et dans l’attention qu’elle apporte aux mots qu’elle me ressemble le plus. Ou que je lui ressemble le plus.

Une certaine idée de la liberté

bledinde

C’est quoi, la liberté ? Faire cuire du blé d’Inde à 23h, le napper de beurre et y ajouter un peu de sel ? Le déguster en écoutant de la musique ? Si ce n’est pas la liberté, c’est sûrement le bonheur.

Alors, c’est quoi la liberté ? Avoir le privilège de traîner chez soi en petite culotte et t-shirt ? Le droit de ne répondre au téléphone que si on a envie ? Rester des heures dans le bain en rajoutant de l’eau chaude ? Manger au lit en ne se demandant pas si ça fera des miettes ? Écouter quatre fois de suite le même CD ? Tout ça, ça ressemble encore à des moments de bonheur.

Alors, c’est quoi au juste la liberté ? Peut-être ne pas avoir à demander à quiconque si je dérange ? N’inclure personne dans mes plans ? N’en faire qu’à ma tête et selon mes envies ? Peut-être bien.

Mais il y a liberté et liberté. Cette notion large du droit de parole, entre autres choses. Celle de ne pas vivre sous une dictature. Celle de pouvoir me déplacer aisément. Une liberté que beaucoup n’ont pas, beaucoup trop. À laquelle s’ajoute ma liberté au quotidien. Celle de manger du blé d’Inde tard le soir et celle de danser dans mon salon sur la musique que j’aime. Oui, j’ai beaucoup de chance.

26 août 2006

Quand Chantal m’attendait à Saint-Malo

Filed under: Ailleurs — Lali @ 19:44

saintmalo

Et ce soir mon cœur est à Saint-Malo, souvenir d’une escale après l’Angleterre, été 1988. Je ne savais pas le souvenir si vif et pourtant, je me revois la tête appuyée sur mon sac à dos sur le banc de bois du bateau qui faisait la traversée, tentant tant bien que mal de grapiller çà et là quelques minutes de sommeil. Mais je crois ne pas avoir dormi, excitée de traverser la Manche, heureuse de partir à la découverte de Saint-Malo et encore davantage de revoir Chantal.

Et si je pense ce soir à Saint-Malo, c’est peut-être parce que j’ai eu un courriel de Chantal il y a quelques jours et qu’il y a si longtemps sans nouvelles que je ne sais pas par quoi commencer en lui répondant. Nous avons tant partagé des années durant, nous écrivant tous les jours, comme je le fais maintenant ici. Sans réserve et sans pudeur, avec nos coups de cœur et nos constats.

Chantal, c’est mon vent frais de Bretagne, mon amie poète. Et pourtant je la connais si bien que je sais qu’elle ne m’en voudra pas pour mes silences et ma longue absence. Et pourtant, je sais qu’elle sera juste heureuse de renouer et qu’il n’y aura pas de reproches. Et cette assurance me donne envie de lui écrire longuement, de lui rappeler Saint-Malo, et puis la crêperie de Vannes, et Damgan, et le château de Josselin, et la Chapelle des Lombards où nous sommes allées danser à Paris, et ses vacances montréalaises, la visite de Québec avec la panne d’autobus au retour, et les poèmes, et l’écriture…

Finalement, je trouverai les mots. Peut-être lui rappellerai-je le pull bleu que j’avais tricoté et qu’elle a cousu, et que je porte encore ? Il a le bleu de l’eau de Saint-Malo. Il a le bleu du ciel de Vannes un jour de juin. Il a le bleu d’une pièce de faïence rapporté de là-bas.

Oui, je trouverai les mots, je le sens.

25 août 2006

Hugo Grenville aime les lectrices

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:14

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Elles possèdent un petit-je-ne-sais-quoi qui me plaît. Peut-être parce que – volontairement ou non – Hugo Grenville a fait un petit clin d’œil à Matisse avec son choix de couleurs et la manière avec laquelle il les a installées dans des décors.

J’aime qu’il ait su les regarder dans des moments de lecture différents.
J’aime le naturel des poses et le fabriqué de la composition autour d’elles.
Comme si elles avaient su s’installer dans l’imagination du peintre.

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