Lali

27 septembre 2006

Une journée sous le signe de la générosité

Filed under: États d'âme — Lali @ 22:27

jfp

Et quand la soirée se termine, et qu’on a toujours ce sourire du matin sur les lèvres, c’est que la journée a été bonne. D’abord, de belles marques d’amitié dès le réveil. Des fous rires avec Danielle, Nada et Stéphanie autour d’un Big Mac ce midi. Daniel qui débarque en pyjama prendre un café parce que le mien est bien meilleur que le sien, dit-il, et qui repart comme ça, la tasse bue et le cœur heureux.

Et cette carte postale arrivée de Daytona Beach. Qui me raconte une très belle histoire. Celle de quelqu’un qui participe à cet échange mondial de cartes postales pour le plaisir de sa tante de 101 ans. Pour qui elle a installé une grande carte du monde sur laquelle elle épingle les noms de ceux qui ont écrit. Et la vieille dame qui ne peut plus voyager autrement, parce que ses jambes ne savent plus la porter comme autrefois, fait ainsi le tour de la planète et s’émerveille.

Et cette autre que j’avais envoyée à une infirmière d’une maison pour personnes âgées de Virginie pour qu’elle aussi puisse les faire voyager et qui me retourne la plus belle des réponses: une carte fabriquée maison par eux, une aquarelle toute pastel de bleu et de rose où quelques gouttes de cire décorative ont été ajoutées. J’en ai eu les larmes aux yeux.

Dans les deux cas, il s’agit de merveilleux exemples de générosité. Dans les deux cas, il y a là des gens qui font vraiment quelque chose de formidable pour les aînés et je ne puis que parler de ces gens au grand cœur, et ainsi – peut-être – donner des idées à ceux qui n’en ont plus ou pas. La vie ne s’arrête pas quand les capacités physiques ou intellectuelles diminuent, elle continue son cours autrement.

Et ces deux personnes qui prennent soin d’aînés, qui prennent le temps non pas de les occuper mais de les faire rêver, ont toute mon admiration. Je ne pouvais passer sous silence ces deux histoires qui ne seraient jamais arrivées sans le net. Je ne pouvais pas taire ces gestes du cœur. Il me fallait ici les partager. Puissent-ils tout simplement vous inspirer.

26 septembre 2006

En état de plénitude

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:45

spaulding

Comme elle me semble paisible, la lectrice de Warren Dan Spaulding. Que peut-elle lire ainsi qui lui fasse cet effet ? Un poème qui la fait rêver ? Un roman qui la transporte dans des pays étrangers ? Une biographie qui la fait admirer celui qui en est le héros ?

Pourquoi ce presque sourire sur ses lèvres qui donne envie de lui demander ce qu’elle lit ? Les gens n’ont pas toujours, comme elle, le bonheur inscrit sur le visage. Regardez-les, dans l’autobus, dans le métro, au parc, dans un café. Certains ont même le front plissé, alors que le visage de cette liseuse est lisse et si calme. Comme en plein bonheur. Il y a décidément en elle quelque chose que j’aime. Peut-être parce qu’hier, alors que je lisais, tranquille, j’ai relevé la tête et vu mon visage dans le miroir. Il n’était pas loin de ce que je vois ici. Mais j’arrive mal à dire pourquoi. À moins que plénitude ne soit le bon mot ?

Oui, je crois que plénitude est ce dont il s’agit ici. C’est ce qui se dégage d’elle et qui sûrement aussi, transparaissait sur mon visage hier. Et que je me souhaite à nouveau pour aujourd’hui.

Pas envie de foule… je passe mon tour !

Filed under: Revendications et autres constats — Lali @ 21:30

stoemp

Le stoemp aux poireaux me tentait. L’assiette de charcuterie ardennaise aussi, tout comme le rôti de porc mariné à la sauce grand veneur. Mais je n’irai pas au souper wallon samedi. Je ne peux me faire à l’idée de me retrouver dans un sous-sol d’église avec 200 personnes: je suis bien trop sauvage pour ça !

Pourtant, ce n’est pas l’envie d’y aller qui me manquait. Mais quand j’ai réalisé tout à l’heure avant d’appuyer sur SOUMETTRE la situation et vu le chiffre 200, j’ai fermé la page des réservations. J’ai bien trop de mal avec les groupes pour aller affronter une telle foule au nom d’un souper dansant. Rien que d’y penser et je me sens agressée. C’est vraiment trop de gens pour moi. Ça va encore dans l’anonymat d’une foule venue assister à un concert et où on ne discute pas avec ses voisins, mais un souper ?

J’ai beau tourner la question dans un sens comme dans l’autre, rien à faire, c’est au-dessus de mes capacités. Il n’y aura donc pas de souper wallon ni de stoemp aux poireaux samedi. J’ai beau aimer la Belgique et les Belges, je ne me sens pas l’âme à une fête de cette ampleur. Et je le sais bien, ce n’est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière. Combien de fois, arrivée sur les lieux d’un lancement, quand j’ai vu la foule compacte et entassée ai-je rebroussé chemin ? Et combien de fois ai-je soupiré d’aise dans une salle de cinéma aux trois quarts vide ?

Et si jamais j’avais des regrets, même si ce n’est pas vraiment moi que de m’apitoyer sur ce que j’ai mis de côté ou qui n’a pas eu lieu, ce sera bref. J’oublie vite. Du moins, les choses non marquantes et sans conséquence. Et à qui d’autre que moi pourrais-je tenir grief ? Alors aussi bien que je sois faite ainsi…

25 septembre 2006

Quand une ville est source d’inspiration

Filed under: États d'âme,Mon Montréal — Lali @ 22:39

cordesalinge

(photo de Vincenzo)

Je suis d’une ville où les cordes à linges traversent les ruelles et les cours, un peu comme en Italie. Je suis d’une ville où la rue de Liège croise l’avenue de Belges. Je suis d’une ville où qu’importe l’heure du jour ou de la nuit, il y aura toujours un endroit ouvert pour prendre un café. Je suis d’une ville où on ferme les rues pour danser lors des festivals, où on peut faire livrer une pizza à minuit, où chaque quartier a son histoire, où tout se mêle dans un magma multiethnique et de toutes les cultures.

Je suis d’une ville de tolérance, même si parfois certains en doutent. Mais peut-être faut-il aller ailleurs pour mieux le comprendre. Je suis d’une ville immense traversée d’est en ouest par une rue qui fait près de 50 km. Je suis d’une ville qui, malgré cela, a conservé un caractère humain, et où quiconque viendra à l’aide de celui qui, une carte dépliée pour tenter de s’orienter à bout de bras, n’osera pas demander.

Je suis d’une ville d’odeurs, celles des restautants, des terrasses et des cafés. Je suis d’une ville de couleurs, celles des feuilles en automne comme celles des façades du Plateau Mont-Royal. Je suis d’une ville qui me surprend encore et dont je ne me lasse pas. Je suis d’une ville qu’il me tarde de faire découvrir à mes amis d’outre Atlantique.

« Montréal, je l’ai cru pendant longtemps, était un port qui ne sentait jamais la mer. Mais c’est faux : Montréal embaume l’iode et le varech dès qu’on entre à la poissonnerie grecque ou dès qu’on met le nez chez Tasso », a écrit Suzanne Jacob, cette amoureuse de cette ville comme peu.

Et aussi;
« Écrire Montréal, c’est sortir tout de même, mais avec la machine à écrire intérieure, une machine à écrire prédatrice dont on ne sait jamais d’avance de quel morceau de Montréal elle va s’emparer ce jour-là, de quelle rue, de quel arbre ignoré, de quel balcon, de quelle vitrine, de quel parfum de thym ou de géranium sauvage, de quel déchirement du ciel d’aube ou de crépuscule. »

Montréal est une muse.

L’essentiel…

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 7:34

pierrepivet

S’éloigner de tout rapproche un peu de l’essentiel.
[ Loïck Peyron ]

Est-ce que les livres et les mots éloignent de tout pour nous ramener à l’essentiel ? Nous isolent-ils l’un comme l’autre au point qu’un jour nous n’ayons presque plus besoin d’autre chose ? Ou alors ouvrent-ils notre esprit si bien qu’ils nous ouvrent aux autres et nous permettent de comprendre ou du moins de percevoir suffisamment pour être à l’écoute et dire ?

Ou alors est-ce ma boulimie artistique, cette curiosité pour tout ce qui nourrit mon esprit et me fait réfléchir, qui m’éloigne volontairement des rassemblements et de ce que je ne juge pas essentiel ? Et c’est quoi, l’essentiel ?

Je suis certaine que celui-ci varie d’un individu à l’autre, que mon essentiel n’a rien à voir avec celui d’un autre. Que cet essentiel qui est mien est bien celui de quelqu’un qui aime cet éloignement, qui aime la distance, qui lui permettent de rêver. Et que, si tout était trop près – mes amis, les lieux que j’aime, ceux que je tiens à découvrir -, c’est une partie de moi qui n’existerait plus. Car si je ne puis rêver, c’est cette part essentielle que je perdrais. Et ne plus rêver serait pour moi la plus atroce des maladies.

Les livres, écrire, la musique, les voyages, le cinéma, tout ça me nourrit, ce ne sont pas des évasions. Et tout ce que je retire de ces mots, de ces couleurs, de ces impressions, est pour mieux partager. Du moins ai-je ce sentiment très fort. Car si je m’éloigne quand je prends un livre sur mes genoux, comme la lectrice de Pierre Pivet, c’est pour mieux m’appartenir et poursuivre cette quête inlassable qu’est la mienne de connaître et d’apprendre.

Et j’apprends autant des livres que des gens. Quoique peut-être que si je n’avais pas tant lu, pas vécu toutes ces vies des personnages qui ont traversé ma vie au fil de mes lectures, ne serais-je pas à même de savoir autant écouter ? Lire et être à l’écoute ne sont-ils pas de la même famille ?

Au fond, j’ai beaucoup de chance d’avoir trouvé mon essentiel, alors que d’autres errent, se jetant dans une chose puis dans l’autre, jamais satisfaits, croyant toujours trouver ce qui leur donnera des raisons de vivre. Alors que l’essentiel ne donne pas de raisons. Les raisons mènent à l’essentiel.

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