Lali

29 juin 2007

La lectrice qui regarde le ciel

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:31

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Elle a laissé ouvert le livre pour regarder le ciel qui se fait de plus en plus incertain. Elle voudrait bien qu’il ne pleuve pas, mais tout semble indiquer le contraire. La lectrice de Zvi Malnovitzer est si bien sur son banc qu’elle n’a pas envie de le quitter. Pas plus que je n’avais envie de fermer les fenêtres tout à l’heure lorsque le ciel est devenu noir tout d’un coup et que le vent est entré, venu de toutes les directions. Mais je n’ai pas eu le choix, la pluie a suivi. Le livre est resté sur le sofa. Il attend que j’ouvre à nouveau les fenêtres.

La beauté selon Rodin

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:54

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Il n’y a réellement ni beau style, ni beau dessin, ni belle couleur : il n’y a qu’une seule beauté, celle de la vérité qui se révèle. [Auguste Rodin]

Et cette vérité qui se révèle, elle est là, dans la beauté éclatante, indécente, impudique de cette lectrice sculptée par Aimé Jules Dalou, contemporain de Rodin.

Elle est là, cette vérité, mais aussi ailleurs, hors de l’art, au pays des mots, dans une simple déclaration d’amour.

La comédienne

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:40

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Elle tient le livre à bout de bras, comme s’il s’agissait d’une scène qu’elle déclame ou d’un poème qu’elle tente de mémoriser. La lectrice d’Adolphe Alexandre Lesrel a tout d’une actrice. Ou du moins fait-elle dans le genre.

Curieusement, cela me rappelle une comédienne que j’ai bien connue autrefois. Qui possédait un talent certain pour le drame au quotidien, mais pas pour la scène. Peut-être aurait-elle dû poser comme modèle, ce qui lui aurait permis d’être une héroïne de tragédie pour l’éternité?

En traversant la rue

Filed under: Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 15:08

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Je sortais de chez Mimi, ma coiffeuse. Je regardais le ciel bleu et les quelques rares nuages. Je pensais à la brochette de poulet que j’allais manger en rentrant. Tout allait merveilleusement.

Et tout est allé encore mieux. Le terre-plein qui sépare la rue était paré d’un magnifique tapis de fleurs.

Les clients

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:05

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Il a été le premier de la journée. Il lui fallait son journal pour aller lire au café. Il n’a pas traîné parce qu’il avait hâte de s’installer pour le dévorer. Peut-être a-t-il un peu discuté, mais vraiment pas longuement.

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Une heure plus tard, celui-ci est entré. Il partait à la plage. Il lui fallait quelque chose qui allait l’empêcher de s’endormir en plein soleil. Ça a fait sourire la libraire. Et probablement qu’il a souri aussi. Et qu’il continue de sourire là, près de l’eau, alors qu’il est plongé dans ce qu’elle a trouvé pour lui et qui va au delà de ses espérances. Le livre le tient plus qu’éveillé, il est passionnant.

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Il est entré tandis que l’autre sortait. Il n’est pas resté longtemps : il savait exactement ce qu’il voulait et il avait hâte de partir pour la plage. Et le voici assis à quelques mètres du lecteur qui ne voulait pas s’endormir. Ils ont même peut-être roulé l’un derrière l’autre. Ils ont peut-être des fils du même âge qui jouent en ce moment ensemble, pas loin. On peut même penser qu’ils finiront par se parler et qu’ils s’amuseront de leur itinéraire du jour en tous points identique.

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Elle a trouvé le conseil farfelu, mais s’est dit pourquoi pas. Elle ne savait pas ce qu’elle voulait. Un roman, un récit de voyage, un essai, une biographie? La libraire avait bien tenté de l’aider, mais la cliente ne savait vraiment pas ce qu’elle avait de lire. Jusqu’à ce qu’elle suggère à la lectrice en quête d’ouvrir un livre puis un autre au hasard, de lire quelques lignes et de repartir avec celui qui l’aura séduite. Et c’est ce qu’elle a fait. Il en fallu une vingtaine. Et puis, le coup de foudre pour une phrase. Puis pour la suivante. Et pour le paragraphe en entier. Et la voilà debout, alors que le thé infuse, le livre entre ses mains, comme un cadeau inespéré. La séduction opère toujours.

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C’est la dernière cliente de la journée. Venue chercher un livre commandé pour l’offrir à un ami. Un livre qu’elle a lu il y a longtemps et que la libraire a lu aussi, de telle sorte qu’elles ont échangé longuement sur ce livre, sur cet auteur si peu connu dont l’écriture les a toutes deux bouleversées. Elle n’a pas voulu de sac. Peut-être que quelqu’un allait lui demander en chemin Que lisez-vous? et qu’elle aurait le bonheur de le faire découvrir.

Les lecteurs de Victoria Tubau ne se connaissent pas, mais ils ont en commun une librairie et une libraire. Peut-être même une qui ressemble à celle que j’ai été.

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