Lali

30 janvier 2008

Poussée par le vent

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 18:10

jonathon_p

Le vent l’a poussée jusque chez elle. La lectrice de Jonathon Poliszuk n’est pas tombée sur la glace, ce coup-ci. Elle y est allée à petits pas, sans se presser, même avec le vent dans le dos et même si elle avait hâte d’être au chaud, de retirer ses botttes et son gros pull, et de s’étendre avec le livre de la veille, celui qui lui parlait de gares et de poésie.

Et je crois qu’elle est à Lausanne, en train d’hésiter avec le personnage principal, à savoir s’il doit retourner sur ses pas ou prendre la direction de Paris. Et je crois même qu’elle ne le lâchera pas le livre tant qu’elle ne saura pas qu’il a décidé d’aller au bout de son destin.

Ce que mots vous inspirent 14

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:01

roll

De toutes les formes de prudence, la prudence en amour est peut-être celle qui est la plus fatale au vrai bonheur. [Bertrand Russell]

Voilà plusieurs fois que le lecteur d’Alfred Roll relit la citation de Bertrand Russell. Il n’est pas du tout sûr d’avoir le talent pour la commenter et encore moins le recul.

C’est donc à vous qu’il demandera de commenter la phrase. De l’éclairer. De lui dire ce que vous en pensez.

La phrase est à vous jusqu’à mercredi prochain. Pour ce que mots vous inspirent. La toile aussi, d’ailleurs.

Équilibre précaire

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:53

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Que lui a-t-elle raconté de sa vie pour que l’artiste Eleonore Stängle-Worel la voit ainsi? Pour qu’elle donne l’impression d’une femme tentant de maintenir un équilibre précaire en continu? Pour qu’on sente cette urgence de tout concilier avec le peu de temps dont elle dispose? Oui, qu’a-t-elle bien pu dire d’elle pour qu’il en soit ainsi?

La lectrice des rives et des bords de mer

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:34

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Les rêves qu’on lance dans l’Atlantique d’une plage de Bretagne ou d’un port de Nouvelle-Angleterre finissent-ils par se rejoindre quelque part entre les deux? Finissent-ils par engloutir les larmes versées dans la Mer du Nord ou les espoirs jetés comme une poignée de sable dans la Méditerranée? Retrouvent-ils les quelques lignes d’un poème qui s’est oublié dans les vagues du Pacifique?

Peut-être bien. Peut-être pas. Il y a tant de lacs, tant de rivières, tant de fleuves et quelques océans pour avaler les mots que la lectrice de Grace Cossington Smith lit tout haut depuis des années avec pour seuls complices les eaux des paysages où elle s’asseoie. Sans savoir ce qu’ils deviendront. Sans savoir s’ils se mêleront aux rêves et aux espoirs qu’elle a pu laisser sur leurs rives.

29 janvier 2008

La lectrice qui n’oubliait rien

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:26

hoette

Et peut-être qu’un jour quelqu’un se souviendra de la lectrice de Dick Hoette qu’on appelait « la fille aux livres », parfois gentiment, souvent sarcastiquement. Car il y avait chez elle quelque chose qui dérangeait et qui n’était pas le fait qu’elle lise nuit et jour. C’était cette capacité qu’elle avait de tout retenir. Pas juste les titres, les auteurs, les histoires. Elle poussait même le jeu jusqu’à tout mémoriser. Et des trucs anodins comme qui lui avait offert le livre, dans quelle librairie elle l’avait acheté, et même quel article avait orienté son choix, la rendaient dangereuse. Le plus fieffé des menteurs n’aurait jamais gagné contre une mémoire aussi inébranlable. Et comme les menteurs font légion, ils avaient laissé derrière eux celle qui se souvenait de tout et qui pourrait leur rappeler des phrases ou des situations qu’ils auraient préféré modifier ou embellir.

Mais peut-être y a-t-il parmi eux un ou deux qui se demandent parfois ce qu’est devenue la lectrice qui n’oubliait rien.

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