Madame lit son journal
Sous le regard attentif d’Armando!
Il n’est point ardu de coucher quelque chose sur le papier quand déjà on l’a dans la plume. (Georg Christoph Lichtenberg)
*toile de Wilhelm Leibl
En ce Blog Day ou Jour des Blogs, je vous invite à visiter cinq blogs d’artistes que j’ai décidé de mettre à l’honneur :
Eve, une peinture par jour ou plutôt peindre chaque jour, le blog d’une artiste qui habite la Moselle, et qui a, entre autres, peint de bien jolies lectrices.
À nos pinceaux, le deuxième blog d’Evhe, où elle invite des artistes à peindre à partir d’une photo.
Le Blog de Marie-Emmanuelle, une des participantes au jeu mensuel proposé par Evhe.
Des dessins plein mon carnet, le blog de Fabienne, une autre participante au défi.
Et le blog de Ghislaine Bruno, une autre artiste qui n’a pas eu peur de relever le défi.
C’est la lectrice peinte par Danuta Muszynska, native de Pologne, mais vivant aux États-Unis depuis quelques années, qui a ce soir parcouru le numéro de la revue Poésie 1 consacré aux poètes du XXe siècle que la lectrice d’hier a sélectionné pour celles des prochains soirs. Et c’est sur un poème de Lucien Becker qu’elle s’est arrêtée.
Pas même l’amour
Pas une main ne peut venir à ton secours
au bord de la nuit qui te monte jusqu’au cou.
Tu ne peux rien sauver, même pas ce regard
de femme pour lequel longtemps tu as vécu.
Du monde, tu ne vois plus qu’arbres qui décroissent.
Tu sens que chaque parole que tu prononces
se durcit comme une pierre en passant la bouche.
Tu sens que l’amour était encore de la solitude.
Le ciel est beau comme un front, les femmes plus jeunes
que tout le poids d’herbe du vent dans le matin.
Il y a des enfants joyeux qui te regardent
sans savoir que la mort existe aussi pour eux.
Après avoir tenu le monde d’un regard,
tu n’as plus droit qu’à une place dans la terre
qu’il te faudra payer, si tu veux être seul,
seul comme peuvent et doivent l’être les morts.