Lali

7 février 2010

Quelques vers de Goethe 10

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Goethe! Goethe! On lui avait tant parlé du romantisme du poète que la lectrice peinte par Paul Alexander Svedomsky était certaine qu’elle allait l’aimer. Et encore plus certaine quand elle découvrit ce poème :

Premier dommage

Ah! qui nous rendra ces beaux jours,
Les jours des premières amours;
Ah! qui nous rendra rien qu’une heure
De ce temps tout filé de soie!

Seul, je ravive ma blessure
Et, dans ma plainte toujours neuve,
Je pleure le bonheur perdu.

Ah! qui nous rendra ces beaux jours,
Ce temps filé d’or et de soie!

6 février 2010

Quelques vers de Goethe 9

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La lectrice de Félix Vallotton n’a pas voulu enlever son chapeau, ni prendre ses aises. Juste retrouver ce poème de Goethe dont elle ne se rappelait que la question qui l’ouvre. Celui-ci, pour tout vous dire :

Mesure du temps

Éros, comment te vois-je ici? Dans chaque main tu tiens un sablier!
Dieu volage, comment! Tu évalues le temps avec double mesure?
« Lentement, pour les êtres chers qui sont au loin, coulent de l’un les heures,
Pour ceux qui sont présents, le sable su second hâtivement s’épanche. »

5 février 2010

Quelques vers de Goethe 8

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Tout comme celles qui l’ont précédée, la lectrice de Gustave Jacquet est tombée sous le charme du romantisme des vers de Goethe. Et c’est ce poème qu’elle a voulu que je vous transmette :

Besoin d’amour

Qui m’entendra? Hélas, à qui me plaindre?
Qui m’entendrait, eût-il même pitié?
Ma lèvre, hélas, qui a déjà connu,
Qui a déjà donné tant de plaisir,
S’est crevassée; elle est très douloureuse.
Ce qui la fit se fendre, ce n’est pas
Que mon aimée eut trop d’ardeur peut-être
Et doucement me mordit, pour goûter
À son ami, en l’ayant mieux à elle.
Si s’est fendue cette lèvre fragile,
C’est que les vents, par le froid et le gel,
Se font pour moi aigres, cinglants et durs.

Et maintenant le suc des nobles grappes
Uni au suc d’abeilles, près du feu
De mon foyer, doit soulager mon mal.
Qu’en attendrai-je, hélas! si, de son baume,
L’amour n’y vient ajouter une goutte?

4 février 2010

Quelques vers de Goethe 7

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Elle avait lu autrefois Goethe. C’est donc avec grand bonheur que la lectrice du peintre John Everett Millais a retrouvé ce poème qu’elle avait tant aimé autrefois :

Adieu! Trouve-toi bien auprès des cent bougies
Qui t’entourent de leur clarté,
Et auprès de tous ces visages
Qui de leurs propos flagorneurs
Et de vins qu’on verse t’entourent.
Car tu n’auras pourtant vraie joie et vrai bien-être
Qu’auprès d’âmes, ainsi que toi, droites et loyales.

Un anniversaire important pour la littérature québécoise

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Dominique Blondeau, dans ce très beau billet, sensible, digne d’une auteure qui aime vraiment la nouvelle, dit tout ce qu’il y a à dire du numéro 100 de XYZ. La revue de la nouvelle.

Un numéro qui me tient à cœur, une revue qui me tient à cœur. Pas juste parce que je fais partie de son collectif depuis près de quinze ans. Pas juste parce qu’on trouve dans ce numéro une nouvelle que j’ai signée. Mais surtout parce que XYZ. La revue de la nouvelle fête ses 25 ans. Et de nos jours, une telle vitalité, un souffle qui ne s’est pas éteint, on ne peut que les souligner et s’en réjouir. La nouvelle est vivante, changeante, sans cesse renouvelée. Ceux qui la suivent de près le savent, les autres le découvrent.

Partez à la découverte de cette revue littéraire unique en son genre au Québec. Et profitez de l’occasion pour vous abonner. C’est une autre façon de donner vie à cent numéros dont quelques-uns sont déjà en chantier.

3 février 2010

Quelques vers de Goethe 6

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C’était au tour de la lectrice peinte par Ivan G. Olinsky de se laisser porter par les vers de Goethe. Et c’est ce qu’elle a fait, de longues heures durant. Jusqu’à ce que son choix s’arrête sur ce poème :

À Belinde

Pourquoi m’attires-tu irrésistiblement
Ah! parmi ces lumières?
Simple enfant que je suis, n’étais-je pas heureux
Dans la nuit solitaire?

Secrètement enclos dans ma petite chambre,
Aux rayons de la lune,
J’étais là, tout baigné de ses molles clartés,
Et je m’assoupissais;

Et je rêvais à l’or des heures tout emplies
D’une joie sans mélange,
Et j’avais accueilli déjà ta chère image
Dans le fond de mon cœur.

Est-ce bien moi qu’aux feux des lustres tu retiens
À des tables de jeu?
Que tu places souvent en face de visages
Que je ne peux souffrir?

Le printemps tout en fleurs n’a pas, dans les campagnes,
Plus de charme pour moi;
Ange, là où tu es, sont l’amour, la bonté,
Où tu es , la nature.

2 février 2010

Quelques vers de Goethe 5

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Elle s’est arrêtée sur un passage et elle l’a répété plusieurs fois tout haut. La lectrice peinte par Erastus Salisbury Field venait de lire ces vers de Goethe, qu’elle a appris par cœur avant de repartir dans la nuit :

Créant des formes, là, d’après la pure et calme
Nature, ah! j’ai le cœur plein de douleurs anciennes;
Car je vis toujours pour l’amour de celle
Pur l’amour de qui je ne dois pas vivre.

1 février 2010

Quelques vers de Goethe 4

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La lectrice peinte par Elvira Santiso Garcia est restée les yeux dans le vague un moment. Puis, elle a laissé ouvert le recueil sur ces vers de Goethe qui l’ont tant émue :

Quand tu es là,
Je suis pour toi
Une présence permanente :
Car là tu mènes,
Avec moi mènes
Tes œuvres à l’achèvement.

31 janvier 2010

Quelques vers de Goethe 3

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C’est la lectrice d’un peintre inconnu qui ce soir s’est penchée sur les mots de Goethe. Longuement. Jusqu’à ce qu’elle s’arrête ici :

De qui naissons-nous à ce monde?
De l’amour.
En quel cas serions-nous perdus?
Sans l’amour.
Qui nous aide à tout surmonter?
Mais l’amour.
Peut-on aussi trouver l’amour?
Par l’amour.
Qui ne laisse longtemps pleurer?
Mais l’amour.
Qui doit toujours nous réunir?
Mais l’amour.

30 janvier 2010

Quelques vers de Goethe 2

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C’est la lectrice du peintre britannique Toby Wiggins qui avait ce soir rendez-vous avec Goethe. Un rendez-vous qui lui a fait retenir ces vers à jamais :

Certes, j’aurais été déjà si loin, si loin,
Aussi loin que le monde à nos yeux se déploie,
Si ne m’enchaînaient pas des astres tout-puissants
Qui à ta destinée ont suspendu la mienne,
Au point que je ne puis me connaître qu’en toi.
Mes pensées, mes efforts, mes espoirs, mes désirs
Ne savent d’autre but que toi et ton essence,
Et ma vie ne se sent rattachée qu’à ta vie.

29 janvier 2010

Quelques vers de Goethe 1

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Si je n’avais pas suivi à l’université ce cours sur le théâtre romantique allemand qui m’a permis de découvrir Schiller, aurais-je eu la curiosité de plonger dans l’œuvre de Goethe? Peut-être, peut-être pas, on ne le saura jamais. Mais ce qu’on sait, c’est que j’ai sorti de mes rayons ma vieille édition bilingue (publiée chez Aubier) des poèmes de Johann Wolfgang von Goethe et que ce soir c’est la lectrice peinte par Robert Andersen qui en a tourné les pages avant de s’arrêter ici :

Au bord de la rivière

Coulez vers la mer de l’oubli,
Chansons aimées! Que nul jeune homme
N’aille plus vous chanter, ravi,
Et nulle fille au temps des fleurs.

Vous parliez de mon aimée seule,
Qui aujourd’hui raille ma foi.
Vous fûtes écrites sur l’eau,
Écoulez-vous donc avec elle.

28 janvier 2010

Sonnets portugais 10

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C’est ce soir que nous refermerons le recueil d’Elizabeth Barrett Browning. Elle qui fut muse pour celui qui découvrit la poète bien avant la femme. Elle que l’amour de Robert Browning n’enferma jamais. Elle qui eut cette chance de vivre un amour qui allait irradier sur ce que chacun allait écrire, un amour qui fait grandir et inspire. Un amour qui allait inspirer les Sonnets portugais avec lequel la lectrice peinte par August Blankestein partira ce soir, non sans avoir choisi un dernier poème pour nous :

Comment je t’aime? Laisse m’en compter les formes.
Je t’aime du fond, de l’ampleur, de la cime
De mon âme, quand elle aspire invisible
Aux fins de l’Être et de la Grâce parfaite.
Je t’aime au doux niveau quotidien du
Besoin, sous le soleil et la chandelle.
Je t’aime librement, comme on tend au Droit;
Je t’aime purement, comme on fuit l’Éloge.
Je t’aime avec la passion dont j’usais
Dans la peine, et ma confiance d’enfant.
Je t’aime d’un amour qui semblait perdu
Avec les miens - je t’aime de mon souffle
Rires, larmes, de ma vie! - et, si Dieu choisit,
Je t’aimerai plus encore dans la mort!

Ils étaient dix…

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Dix à se réunir une fois par mois depuis vingt ans autour d’un repas. Dix ratés à leur manière, qui avaient ces soirs-là pour étaler leurs exploits et leurs déboires. Unis par une amitié indéfectible, nonobstant tous les « malgré » qui font qu’on fait partie de la vie des gens jusqu’à un certain point. Mais pas au delà d’une certaine limite.

Ils étaient dix.

Puis ils furent neuf, huit, sept, les décès survenant toujours dans les heures suivant le repas gastronomique préparé avec soin par un cuisinier que le narrateur a rencontré en faisant ses courses. Puis ils furent six, cinq, quatre. Ça ne pouvait pas être par hasard. Il y avait bien quelqu’un qui souhaitait l’élimination de chacun des membres du Club du Hachis. Mais qui? Et pourquoi? Et pourquoi chacun acceptait-il cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête?

Ainsi peut-on résumer Et mourir de plaisir de l’écrivain brésilien Luis Fernando Verissimo. Un roman policier qui fait d’une certaine manière un clin d’œil à une certaine Agatha Christie. Mais ce serait là le limiter. Car c’est aussi à un humour débridé que vous convie Verissimo dans ce roman tout aussi succulent que chacun des plats servis à ceux qui vivent leurs dernières heures.

27 janvier 2010

Sonnets portugais 9

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La lectrice peinte par WenQuan Liu n’aurait peut-être jamais parcouru les Sonnets portugais d’Elizabeth Barrett Browning si elle n’avait croisé mon chemin. Il en va ainsi de ces rencontres que j’imagine, que je provoque entre lectrices du soir et recueil du moment, duquel elle a copié ces vers :

Je pense à toi! - mes pensées t’enveloppent,
Comme la vigne sauvage, autour d’un arbre,
Étend ses feuilles, et rien n’est plus visible
Sinon le vert épars qui cache le bois.
Pourtant, ô mon palmier, comprends bien que
Mes pensées ne prendront pas ta place, toi
Qui m’es cher, plus cher! À l’instant, plutôt
Renouvelle ta présence. Comme un bel arbre,
Fais bruire tes branches et dénude ton tronc,
Et laisse ces liens de verdure qui t’étreignent
Tomber, lourds… brisés, éclatés, partout!
Car, dans la joie de te voir, de t’entendre,
De respirer dans ton ombre un air neuf,
Je ne pense pas à toi - je suis trop proche.

26 janvier 2010

Sonnets portugais 8

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La lectrice peinte par Nella Marchesini Malvado est allée au hasard. Ce qu’elle avait lu ici depuis quelques jours lui avait dicté ce geste. Elle savait qu’il y avait dans les Sonnets portugais d’Elizabeth Barrett Browning exactement ce qu’elle cherchait.

Mes lettres! du papier mort toutes… muettes et blanches -
Et pourtant elles semblent vivre et frémissent
Dans mes mains craintives qui dénouent leur lien
Et les dépose sur mes genoux ce soir.
Celle-ci disait… qu’il souhaitait me voir,
En ami : uen autre fixait un jour de
Printemps pour toucher ma main… chose simple,
Pourtant j’en ai pleuré! celle-ci… légère…
Disait,
Chère, je t’aime; et je défaillis
Comme si Dieu foudroyait mon passé -
Cette autre,
je suis tien - et l’encre a pâli
Couchée sur mon cœur qui battait trop vite -
Et celle-ci… Amour, serait inutile,
Si, ce qu’elle dit, j’osais le répéter.

25 janvier 2010

Sonnets portugais 7

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La lectrice peinte par Henri Manguin a à peine bougé, tant elle était absorbée par les mots d’Elizabeth Barrett Browning et de ses Sonnets portugais. Recueil duquel elle a retenu ceci pour vous :

Laisse le tranchant tel un couteau
Se refermer et ne faire aucun mal
Dans la main close de l’Amour, douce et chaude,
Et n’écoutons plus les querelles humaines
Après le clic du fermoir. Vie à vie -
Je m’appuie sur toi, Aimé, sans alarme,
Et me sens protégée comme par un charme
Contre la lame des mondains, qui nombreux
Sont faibles face à l’injure. Encore très blancs
Les lys de nos deux vies peuvent affermir
Leurs fleurs sur leurs racines, accessibles à
La rose céleste qui tombe par gouttes;
Ils poussent droit, hors d’atteinte, sur la colline.
Dieu seul, qui nous fit riches, peut nous faire pauvres.

24 janvier 2010

Sonnets portugais 6

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La lectrice peinte par Lucia Kleinhans Mathews avait lu autrefois les Sonnets portugais d’Elizabeth Barrett Browning, si bien qu’elle savait exactement ce qu’elle cherchait. Ce poème :

Dis encore que tu m’aimes, une fois de
Plus encore. Bien que le mot répété
Te paraisse une chanson de coucou.
Souviens-toi que jamais sur les collines,
Vallées ou bois, sans accents de coucou
Ne vient le printemps dans toute sa verdure.
Aimé, dans l’obscurité accueillie
Par l,esprit du doute, par le doute blessée
Je t’implore… « Dis que tu m’aimes. » Qui peut craindre
Trop d’étoiles, quand chacune tourne au ciel -
Trop de fleurs, quand chacune couronne l’an?
Dis que tu m’aimes… aimes… aimes - sonne l’écho
D’argent! - pour te rappeler seulement
De m’aimer en silence, de ton âme.

23 janvier 2010

Sonnets portugais 5

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Bien évidemment que les lectrices un peu romantiques trouveront dans les Sonnets portugais d’Elizabeth Barrett Browning de quoi répondre aux élans de leur cœur. La lectrice peinte par Elizabeth Ellen Houghton vous le dira, elle qui s’est arrêtée sur ces vers :

Pourtant, l’amour, le pur amour est beau
Et digne d’acceptation. Le feu est vif,
Que brûle le temple ou le lin. Un même éclat
Bondit dans la flamme du cèdre ou du foin.
Et l’amour est feu : et lorsque je dis
Je t’aime… note! Je t’aime!… en ton regard
Je me tiens transfigurée, glorifiée,
Consciente des rayons qui irradient
De mon visage vers le tien. Rien n’est bas
Dans l’amour le plus bas : Dieu accepte
L’amour des plus humbles créatures.
Et pour ce que je
sens, parmi les moindres traits
De ce que je
suis, brille en soi et montre
Comme l’œuvre d’Amour parfait la Nature.

22 janvier 2010

Sonnets portugais 4

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La lectrice peinte par l’artiste écossais John Duncan Fergusson avait hâte qu’arrive son tour. En effet, les extraits des Sonnets portugais de la poète Elizabeth Barrett Browning, le recueil du moment des lectrices du soir, qu’elle a lus ici ces derniers jours avaient si bien piqué sa curiosité qu’elle était d’avance certaine que ce recueil allait lui plaire. Elle le fut encore davantage quand elle parcourut ces vers :

La face du monde a changé, je crois,
Depuis que j’entendis les pas de ton âme
Glisser doucement près de moi, comme
S’ils me dérobaient au terrible gouffre
De la mort, d’où - moi qui pensais sombrer -
Je fus rattrapée par l’amour, et appris
À nouveau la vie. La coupe du sort,
Par Dieu offerte, je la bois volontiers
Et loue sa douceur, toi à mes côtés.
Les noms des pays, des cieux ont changé
Car tu es ou tu seras, ici ou là;
Ce luth et cette chanson… aimés hier,
(Le chœur des anges le sait) ne sont plus chers
Que parce que ton nom danse en leurs paroles.

21 janvier 2010

Sonnets portugais 3

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La lectrice peinte par Jacqueline Deluzarches s’est laissée porter par les vers de la poète britannique Elizabeth Barrett Browning, écrits à l’intention de celui qui devait devenir son mari, Robert Browning, et réunis dans Sonnets portugais. Des sonnets classiques et vibrants, dont elle a retenu celui-ci :

Éloigne-moi de toi. Mais je tiendrai
Désormais dans ton ombre. Jamais plus,
Sur le seuil solitaire à la porte
De ma vie, je ne pourrai commander
À mon âme, ou élever ma main
Sereine vers le soleil comme jadis,
Sans l’impression de mon renoncement… Ta main dans la mienne. Si vaste soit
La place prise entre nous par le destin,
Ton cœur vit de concert avec le mien.
Mes actes et mes rêves t.embrassent, comme au
Vin se fond le raisin. Et, quand j’implore
Dieu pour moi-même, Il entend ton nom et
Voit dans mes yeux nos larmes à tous deux.

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