Lali

30 avril 2006

Quand la musique celtique s’empare d’Anthines

Enregistré dans : Mes histoires belges — Lali @ 11:32

anthinoises

Il y a toujours un point de départ. Hasard ou destin ? Comment savoir ? Ça arrive un jour, comme ça, sans qu’on s’en doute. Une rencontre par hasard, dans un café, sur le net, ou ailleurs. Et ça a été au scrabble que ça s’est passé. La Belgique est entrée dans ma vie en tentant de placer le Z et en discutant théâtre.

À cause de cet homme, j’ai voulu tout savoir de la Belgique. Les villes et la campagne, le wallon et les musées, la peinture et la bière, le chocolat et les carnavals. Et la musique.

Il se tient cette fin de semaine un festival de musiques celtiques, les Anthinoises, auquel je rêvais d’assister. Un événement qui ne revient qu’aux deux ans. Mais je n’y suis pas, sinon qu’en pensée. Et ce festival, je l’ai trouvé à force de fouiller, de vouloir tout savoir sur la région de cet homme d’Anthisnes. Et s’il n’était pas entré dans ma vie, il me semble qu’il me manquerait quelques chose aujourd’hui.

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Je ne saurais peut-être rien de Perry Rose qui participait aux Anthinoises en 2004. Je ne danserais pas sur “Glasgow”, une de mes chansons préférées de ce troubadour belge, d’origine irlandaise.

Hasard ou destin ? Je me le demande de moins en moins, je sais seulement que la Belgique est entrée dans ma vie pour y rester et me nourrir. Elle est mon pain quotidien au même triste que ma vie montréalaise. L’homme que j’ai aimé m’a fait entrer dans un univers qui me colle à la peau et m’émerveille. L’amour n’est plus, l’amitié toujours. L’objet de ma passion n’est plus un homme, mais un pays.

Et dans deux ans, je serai peut-être dans ce pays pour les Anthinoises. Rayonnante et heureuse. Car la Belgique et tout ce qu’elle est ont cet effet sur moi.

29 avril 2006

Une petite sieste ?

Enregistré dans : États d'âme — Lali @ 20:12

whitetiger

Il y a des moments où plus on se débat contre la fatigue ou la lassitude, plus les yeux se ferment. Il peut être aussi bien deux heures de l’après-midi que sept heures du soir, rien à faire. Le corps ne veut plus suivre. Pourtant, nulle trace d’excès ou de nuits écourtées dans les jours qui précèdent. Mais les yeux s’embrouillent, les épaules tombent et le corps n’arrive plsu à rester droit.

La plupart du temps, je résiste, je fais du café, je vais marcher, je bouge. Parce qu’il doit rester en moi une certaine dose de culpabilité face au “ne rien faire” pour plonger dans une sieste réparatrice ou peuplée de rêves. Mais aujourd’hui, j’ai été totalement incapable de contrer cette fatique qui m’a envahie d’un seul coup.

Mon corps s’engourdissait et le moindre mouvement me demandait le peu qu’il me restait d’énergie. J’ignore les raisons, ou plutôt ne veux pas les mettre sur le compte du fait que je n’ai dormi que quatre heures, que j’ai travaillé sur des traductions et révisé des textes non stop pendant huit heures, en oubliant de me sustenter. Mais pourtant, il y a de fortes chances que la raison soit là.

Alors, j’ai levé mes fesses de ma chaise et j’ai marché jusqu’au lit, presque zombie. Et j’ai fait une sieste dont je ne suis pas tout à fait sortie, car je ne me sens pas “réparée”, mais toujours aussi flagada et pas très fonctionnelle.

Ai-je trop rêvé ? J’ai l’impression de n’avoir fait que cela pendant ma sieste. Rêver, rêver, rêver. Abandonner un paysage pour retrouver quelqu’un, me perdre dans les dédales et tourner la tête pour me retrouver ailleurs. Est-ce pour cela que je ne sens pas les effets bénéfiques ? Ou alors, parce que je sais que j’ai encore du travail et que ma tête s’y refuse ?

Et si je faisais du café pour y voir plus clair ?

28 avril 2006

Un foulard pour l’humeur

Enregistré dans : Petits plaisirs — Lali @ 14:55

foulards

Qu’ils soient carrés ou à carreaux, qu’ils soient longs ou juste bons à nouer autour du cou, qu’ils soient en soie ou en coton indien, qu’ils présentent des motifs géométriques ou des fleurs, qu’ils soient assez grands pour les porter sur le manteau ou même comme jupes, j’aime les foulards.

Il me faut deux tiroirs pleins à ras bord pour les ranger tous, cadeaux ou souvenirs de voyages, coups de coeur ou vieilleries dont je n’arrive pas à me départir. Et je les porte vraiment. Même que j’aime les choisir selon mon humeur ou ma fantaisie, comme ce matin quand je me suis habillée pour une entrevue. J’avais choisi la jupe et c’est tout. Le reste s’est improvisé et je me suis sentie belle comme mon foulard.

Une journée sans foulard, c’est sûrement une journée bien triste, finalement. À éviter.

27 avril 2006

La liseuse de Wiertz

Enregistré dans : Couleurs et textures — Lali @ 10:44

wiertz

Je ne m’entête pas à chercher en vain, mais à chercher si je sais que je trouverai. Et cette toile, croisée un soir il y a un an sûrement, enregistrée dans les fichiers disparus de l’ancien ordi, il me fallait la retrouver.

J’avais le souvenir de cette femme nue, aux rondeurs quasi sorties d’un Rubens, à demi allongée dans une position inconfortable et tenant un livre à bout de bras. Une position quasi acrobatique pour s’adonner au plaisir de la lecture, mais une pose intéressante pour celui qui peint.

Antoine Wiertz, pour qui l’État belge a construit un atelier qui allait devenir un musée, a puisé à même les grands thèmes de la littérature et de la philosophie, avec un penchant quasi morbide pour la mort, celle-ci exploitée dans nombre de ses tableaux.

Lecteur avisé et curieux, admirateur de Victor Hugo, pour ne nommer que celui-là, peintre de la démesure qui voulait égaler Rubens, son idole et son maître, il n’en faisait qu’à sa tête, bravant l’opinion publique, voire s’en fichant carrément, occupé ailleurs à mettre en lumière et en couleurs son imaginaire.

Sa liseuse, croquée dans un moment de concentration intense, sera-t-elle dérangée dans sa lecture ? Tout laisse croire que quelqu’un va entrer en scène. La main dérobera-t-elle un livre ou s’aventurera-t-elle jusqu’à une caresse ? Je vous laisse imaginer.

26 avril 2006

Il vente comme il ventait à Ostende

Enregistré dans : Mes histoires belges — Lali @ 18:12

ostende

Il vente, comme il ventait ce jour de juillet à Ostende. Et mes cheveux balaient mon visage, ainsi qu’ils le faisaient ce jour où je suis allée sur les pas du roman de Jacqueline Harpman, ce jour où je me suis butée à la porte fermée de la maison de James Encor, ce jour où je suis entrée dans la toile de Spilliaert.

Il vente, comme il ventait à Ostende. Un immense souffle qui soulève tout sur son passage, jusqu’aux questions troublantes sur la vie.

Comme à Ostende et comm’ partout Quand sur la ville tombe la pluie Et qu’on s’demande si c’est utile Et puis surtout si ça vaut l’coup Si ça vaut l’coup d’vivre sa vie chantait le grand Léo et chante encore Arno.

Et si ce jour de grand vent où j’ai pleuré à Ostende, cette question est venue embrouiller mon esprit, alors que je fredonnais moi aussi, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Éole a gardé ses questions pour lui.

J’ai calqué mes pas à son souffle et j’ai souri. Ostende n’est plus triste. Mais belle et inscrite à même ma peau.

Nos souvenirs
Font des îles flottantes
A Ostende
chante Bashung.

Et je danse sur la plage d’Ostende.

25 avril 2006

Le pesto de Denis

Enregistré dans : Images indélébiles — Lali @ 13:52

pesto

Quand Denis m’a initié aux rudiments de l’art du pesto, de la cueillette du basilic dans son jardin jusqu’aux pignons du marché Jean-Talon, il savait déjà qu’il n’y aurait pas de seconde chance. Que ce souper serait le dernier et non pas celui des au revoir, le temps de son exil pour aller écrire à la campagne, dont il n’est jamais revenu.

Et chaque fois que je mange du pesto, c’est à lui que je pense. Au temps qu’il a passé avec chacun d’entre nous alors qu’il se savait condamné. Je pense à ses yeux dans les miens, inquiets, quand il avalait ses capsules d’AZT qui n’ont pas su l’épargner. Les siens souriaient, comme pour contrer ce qui se passait en moi de tempêtes.

Cet ultime soir, nous l’avons consacré à sa passion pour l’Italie, où il avait vécu. Pesto, valpolicella, promenade dans la Petite Italie et arrêt obligatoire pour le capuccino chez le Sicilien du coin. Des airs d’opéra, aussi, si je me souviens bien.

Denis Bélanger m’a fait un immense cadeau ce soir-là. Il a fait que jamais je ne posséderai d’image triste de lui, mais toujours celle d’un amoureux de la vie et de ses plaisirs. Il s’est éteint en avril 1992, laissant des romans que je relirai peut-être un jour. Sa présence n’est pas dans ses mots, mais dans chaque bouchée de pâtes au pesto.

Il était peut-être un professeur de bonheur.

24 avril 2006

Printemps à Anthisnes

Enregistré dans : Vos traces, Mes histoires belges — Lali @ 19:08

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J’aime les premières fleurs du printemps, celles qui osent et qui n’attendent pas les autres, celles qui pointent timidement ou alors, fièrement, comme dans le jardin de Jocelyne, à Anthisnes. Elles se dressent vers l’ouest, comme pour se signaler à moi.

J’aime les fleurs du jardin de mon amie belge. Ce ne sont peut-être que des photos pour vous. Pour moi, ce sont les premières nées de ce jardin que je connais en juillet, un jardin que Jocelyne entretient avec amour. Et ces fleurs, dès qu’elles ont jailli du sol, il lui fallait me les faire voir, les partager avec moi.

fleurs2

Je les regarde et j’imagine Jocelyne, penchée sur elles, toute émue de les voir arriver, pressée de me les montrer. Elle, qui s’émerveille de tout, m’émerveille, moi. Elle est plus qu’une inspiration, plus qu’une complice avec qui je ris ou je pleure, plus qu’une amie au loin à qui je fais découvrir mon bout du monde et elle le sien. Elle est de ma famille. Elle est ma grande soeur.

J’aime quand elle me parle de sa grand-mère qui tenait une libraire à Spa et qu’elle allait aider, gamine. J’aime sa passion pour les livres qui a germé de ces journées à les palper et les ranger. Une passion qui ne l’a jamais quittée et qui fait que dans toutes les pièces de sa maison il y a des livres. Mais il n’y a pas que les livres qui nous unissent.

Je ne saurais dire tout ce qui nous lie tant tout cela est vaste, tant notre curiosité est identique, tant nous aimons les mêmes choses, tant les mots nous viennent au même moment, tant même le silence est plein de partage.

Ces fleurs, elle me les a offertes, et je vous les offre à mon tour pour vous transporter à Anthisnes, au pays d’Ourthe Amblève, là où vit une femme exceptionnelle et généreuse qui veille sur moi.

23 avril 2006

Journée mondiale du livre et du droit d’auteur

Enregistré dans : États d'âme — Lali @ 19:56

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J’aime cette journée, même si je ne participe à aucune rassemblement. J’aime qu’elle existe et qu’elle soit soulignée. Même si pour moi, c’est chaque jour la journée du livre.

Car il n’est pas de journées sans livre, sans touner les pages, sans m’enivrer de mots, sans partir à la conquête de l’imagination. C’est la seule chose qui me soit vitale, outre l’écriture. Je suis en manque sans lecture, un peu comme si l’air se rariéfait. Rien ne possède ce pouvoir de m’alimenter comme les livres. Rien.

J’ai bien essayé autre chose, mais ce n’était jamais ça. Que j’ai bien du mal à décrire, mais qui me comble. Un sentiment de plénitude, de bien-être, d’accord avec moi-même.

C’est une belle journée aujourd’hui. Elle réunit dans l’universalité les amoureux des livres. Dont je suis.

22 avril 2006

Au revoir, Henri

Enregistré dans : États d'âme — Lali @ 20:09

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Louise et moi avons la même arrière-grand-mère. Nos grands-mères étaient soeurs, son père et ma mère cousins. La vie nous a mis en présence l’une de l’autre il y a quelques années. Et nous sommes l’une comme l’autre fières d’être petites-cousines.

Elle s’amuse avec les couleurs, je joue avec les mots. Le reste, c’est entre nous. La complicité, les conversations, les racines, le coeur.

Cet après-midi avaient lieu les funérailles d’Henri, son père. Mon beau cousin qui venait prendre des nouvelles de toute la famille à la libairie. Mon cousin aux yeux brillants et vifs. Qui a aimé la vie comme peu, qui a aimé Monique et ses filles d’un amour incomparable.

Je crois que ceux et celles qui sont aimés ainsi reçoivent tellement que ça leur donne plein d’amour à partager. Louise est comme ça. Elle donne sans compter, son temps, son énergie, sa fougue, son amour. Elle a eu beaucoup, elle donne beaucoup.

Est-ce cela, en dehors de nos affinités pour les arts, qui nous lie ? Le fait que nous ayons toutes deux été beaucoup aimées par nos parents pour qui leurs filles étaient tout ? C’est possible.

Je sais que ma Loulou est pour moi un cadeau du ciel. Elle n’est pas la seule. Mais ce soir, c’est à elle que je pense. Elle a perdu, j’en suis certaine, l’homme qui l’a le plus aimée. Et cet homme, je suis heureuse de l’avoir connu. Être passé à côté d’un homme d’une telle bonté serait bien pire que le fait de le perdre.

Au revoir, Henri. Continue d’être une inspiration pour ceux qui ont eu le bonheur d’être des tiens.

21 avril 2006

Pour quelques clés…

Enregistré dans : États d'âme — Lali @ 20:31

clés

J’ai paniqué, j’ai mis l’appart sens dessus dessous pour les trouver, j’ai vidé toutes les poches de vestes et de manteaux, j’ai fouilli dans les endroits les plus inusitées. Elles étaient toujours à la vue. À côté de l’ordi, près du courrier de la veille, sur le comptoir de la cuisine. Mais j’avais une telle peur de les perdre que je me faisais un sang d’encre chaque fois. Surtout à l’époque où sur le trousseau il y avait en même temps les clés de chez moi, de chez mes parents, de chez mon ex, de ma voiture, de sa voiture, de la pharmacie de mes parents, d’une maison d’édition et de la librairie.

Ça aurait été la catastrophe. Et même quand le trousseau s’est trouvé de plus en plus réduit, restait en moi cette phobie de perdre mes clés.

Aujourd’hui, la crainte a disparu. Si je suis à l’intérieur, c’est qu’elles y sont aussi. Mon coeur ne bat plus la chamade, si je les cherche un peu. Elles sont là, pas loin.

Voilà un bon point à cette nouvelle vie que j’apprivoise encore. Je panique moins vite pour un rien.

20 avril 2006

Quand Paris vient à moi par enchantement

Enregistré dans : États d'âme — Lali @ 20:51

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Je ne fréquente pas le brouhaha du centre-ville; je suis déconnectée de la vie mondaine; je n’ai aucune idée des endroits où on doit se faire voir et encore moins des restaurants branchés.

Et pourtant, ce midi, j’avais rendez-vous pour un diner au coeur du quartier des affaires, à deux pas de la Bourse, au square Victoria, avec une amie que je n’avais pas vue depuis plus de vingt ans. Agréable moment, placé à la fois sous le sceau des souvenirs communs et sous celui des années loin l’une de l’autre que nous avons partagées en trinquant à nos retrouvailles.

Et je suis sortie du resto et me suis retrouvée square Victoria. Désorientée. Pendant quelques minutes, j’ai été télétransportée en plein Paris, toute étonnée de découvrir en plein centre-ville de Montréal un entourage de style Art Nouveau réalisé par Hector Guimard. Cadeau de la RATP à la ville de Montréal pour l’inauguration de son métro en 1966.

Et moi qui suis née dans cette ville, je ne l’avais jamais vu ! Oui, pendant quelques minutes, le mot MÉTROPOLITAIN en plein centre de la cité des affaires m’a fait voler à des milliers de kilomètres de chez moi. Et fait rêver. Encore.

19 avril 2006

Une bière à Ciney

Enregistré dans : Mes histoires belges — Lali @ 19:53

ciney

Avec le beau temps arrive la saison des bières prises aux terrasses des cafés. C’est pourtant une chose que je fais vraiment très rarement. Je crois que c’est parce que je déteste la foule, la proximité des tables, aussi, et la quasi impossibilité d’avoir une conversation dans ce genre de lieu.

Il faut avouer que les terrasses sont rares, donc prisées, par beau temps. Y va-t-on pour autre chose que pour regarder ou être vu ? Y va-t-on pour déguster une bière au soleil ? Je suis sceptique. C’est peut-être pourquoi l’idée de sortir prendre une bière sur une terrasse n’est pas, à priori, une idée qui m’enchante.

Par contre, j’ai apprécié celle prise à Ciney, avec Ric et Nathalie. La table n’était pas minuscule, nous n’avions pas de voisin qui épiait nos conversations et la bière était bonne. Et je n’ai pas bu de bière dehors depuis ce 15 juillet. Je n’aurais pas trouvé ici d’équivalent, ni le lieu, ni la Ciney.

Il est des moments qu’il faut vivre quand ils se présentent. Et surtout, ne pas chercher à les reproduire à tout prix. Le moins possible instaurer des rituels et des habitudes. De toute manière, j’en suis incapable. J’ai trop besoin de ma liberté chérie et de ne pas savoir d’avance le programme. Et aussi une nécessité absolue de ne pas faire comme tout le monde. Et si cela signifie se précipiter aux terrasses aux premiers rayons du soleil, oubliez-moi, je ne suis pas partante. Je préfère une longue marche sans but, et seule.

Mais je goûterai sûrement à une autre bière belge lors de mon prochain séjour en Wallonie. Où ? Avec qui ? L’occasion fera le larron.

18 avril 2006

La liberté totale des orteils

Enregistré dans : Petits plaisirs — Lali @ 20:51

sandales

Grand jour ! Certains ont dit 24 degrés, d’autre 26. Les deux degrés d’écart m’importent peu. Moi, je crie hourra, car ça a été une journée en sandales, la première de 2006, et en plein avril !

Quel bonheur pour mes orteils de se trémousser sans bas ou chaussettes. Quel bonheur pour mes pieds de vivre à l’air libre. Tout cela peut vous paraître tout à fait bête, je sais. Mais pour moi, c’est un des grands plaisirs de la vie, et de la saison, que celui de sortir ma collection de sandales. Des vertes, des blanches, des noires. Manquent des rouges, mais si j’en trouve à mon goût, je ne suis pas certaine de résister à la tentation.

Mes pieds ont droit à un peu de plaisir, eux qui, pendant six mois, se trouvent emprisonnés, loin de toute lumière, sauf lorsque je suis chez moi. Et c’est le 18 avril qu’ils auront goûté à leur premier jour de liberté totale de l’année. Quel plaisir ça a été de marcher les orteils à l’air presque cinq kilomètres.

J’ai eu l’impression de renaître. Et en fait, c’est peut-être ça qui est arrivé.

17 avril 2006

Mon écran et moi

Enregistré dans : États d'âme — Lali @ 18:06

snoopy

Est-ce devant mon écran que je suis le mieux ? Le mieux, je n’irais pas jusqu’à dire cela. Mais j’y suis bien. Car c’est ainsi que je communique le plus et que j’apprends de bonnes nouvelles souvent. La visite de Laurent, mon ami bruxellois, en septembre. Celle de Monique et de ses filles, en août, si je réussis à trouver ici quelqu’un qui voudra bien lui laisser sa maison ou son appartement en échange d’un appartement en plein Paris.

Oui, mon écran apporte de bonnes nouvelles souvent. Il me nourrit aussi, puisque je peux passer des heures à chercher et à trouver. À découvrir pour ensuite partager.

Je suis très bien, assise en Indien sur ma chaise, à écouter de la musique, à voyager, à écrire. À rêver aussi, quand j’entre dans des musées ou que je me retrouve dans des villes que je ne connais pas.

Mais il faudrait que j’écrive davantage. Je ne le fais pas assez, alors qu’il y a tellement en chantier. Mais j’ai tant à apprendre, tant à découvrir, tant à partager que j’oublie parfois qu’il y a à écrire, parce que je me laisse emporter par mes recherches et par celles que je fais pour les autres.

Il me faut retrouver ma discipline, moins me laisser distraire. M’astreindre à un horaire, si je veux avancer. Une à deux heures d’écriture par jour, ce n’est vraiment pas suffisant.

Comment réussir à ne dormir que quatre heures comme je le faisais avant ? Ainsi, je pourrais réussir. Enfin, je crois. Car viendra bien un jour, dans un avenir rapproché, où je ne pourrai plus passer autant de temps à chercher, car je serai appelée ailleurs. Il est temps que ma plage d’écriture prenne son importance, à horaire fixe. Pour que, quand ma vie changera, je puisse préserver ce moment entre les mots et moi.

16 avril 2006

Journée pascale

Enregistré dans : États d'âme — Lali @ 11:23

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C’est Pâques, fête supposément religeuse, mais à mon avis bien plus païenne qu’autre chose avec ses poussins vivants et ses lapins en chocolat. Bien plus une fête pour marquer le printemps et faire la joie des enfants que celle de la résurrection du Christ, selon la tradition chrétienne.

Curieusement, cette renaissance du dieu fait homme m’inspirait moins religieusement que symboliquement. Les fêtes de Pâques étaient le début d’une nouvelle ère, l’entrée dans une étape où je laissais derrière moi les reliefs d’une autre vie. J’avais envie aujourd’hui d’appliquer cette pratique. Commencer aujourd’hui une nouvelle étape sans le poids dans l’ancienne.

Mais le passé est revenu à la charge. Un téléphone de mon ex-belle-fille est venu tout chambouler. Et pourtant, j’ai effacé toutes les traces de ce passé. Il ne reste rien ici de cette époque. Mais ma tête n’est pas vide des douloureux relents de ce qu’a été ma vie pendant neuf ans. Tout cela est remonté, comme une vague.

Sur le coup, j’ai eu mal. Autant, cette gamine entrée dans ma vie quand elle avait cinq a été mon rayon de soleil pendant des années, autant c’est à cause d’elle, pour lui donner le meilleur de moi-même, que j’ai tardé à sortir d’une situation sans issue. Lui parler me fait toujours un drôle d’effet. Je revois des scènes, certaines heureuses, d’autres dramatiques. Je suis encore incapable d’effacer les secondes pour ne conserver que les premières. Mais ça viendra.

Un jour, elle arrivera à ne plus parler de son père. Un jour, on fera peut-être à nouveau des sorties ensemble, comme nous le faisions juste après la rupture. Nos vies se mènent en parallèle même si elles ont longtemps été entremêlées.

Je suis ressuscitée bien des fois. Et ça arrivera encore, et pas que le jour de Pâques.

15 avril 2006

Les suites de l’attentat de Munich selon Spielberg

Enregistré dans : Sur grand écran — Lali @ 9:25

munich

J’avais 11 ans lors de l’attentat terroriste des jeux de Munich. J’en conservais un souvenir un peu vague, tout en sachant bien les suites de cet événement qui allait être suivi de nombreux autres.

Le film de Spielberg évoque la mort des athlètes, mais sans jamais nous les faire connaître. Nous ne saurons d’eux que leur nom et jamais plus, alors que nous en saurons bien davantage sur l’équipe de choc chargée de faire le “ménage”, et bien plus encore sur ceux qui en feront les frais.

Munich est un film sur la vengeance… mais aussi sur la conscience, puisque tous les participants se trouveront confrontés un jour ou l’autre, et à divers titres, à leurs propres questions, voire même au sens de leur existence dans cet échiquier où les pièces tombées sont continuellement remplacées. Est-ce ce qu’a voulu montrer Spielberg ? Que tout cela n’arrêtera jamais ?

Cette fiction basée sur des faits réels ne donne pas de réponses, elle soulève des questions et nous confronte à notre méconnaissance de l’Histoire. Voilà plusieurs jours que j’ai vu Munich et depuis, je n’ai pas cessé de lire sur le Mossad et sur le conflit israélo-palestinien. Ce film, je le vois comme une porte ouverte sur la recherche et en soi, c’est une belle réussite.

14 avril 2006

Les surprises du net

Enregistré dans : États d'âme — Lali @ 21:18

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Les gens arrivent à nous par toutes sortes de chemins, tels des lapins sortant de chapeaux. Une de ces personnes, que je ne connais que par le net, mais avec qui j’ai chaque fois des conversations passionnantes quand nous nous croisons, c’est Jean-Marc, éclairagiste de scène et musicien. Il va sans dire que nous parlons de nos deux passions communes, à savoir la musique et les voyages.

Rencontre de hasard ? Comment savoir pourquoi telle personne entre dans notre vie et pas une autre la seconde d’après ? Pourquoi ce jour-là étais-je sur le net à télécharger en même temps qu’il le faisait ? Je sais seulement que ma collection d’artistes belges a piqué sa curiosité et qu’il a voulu connaître un peu cette québécoise sans origines belges, mais sûrement belge de coeur.

Et depuis, chaque fois que nous nous trouvons ensemble sur le net, quand il n’est pas en tournée, nous partageons la musique et la passion qui anime les artistes. Même que souvent nous faisons un crochet par la philosophie ou les leçons de la vie. Parce que le moment s’y prête.

Quand je discute avec Jean-Marc, je sens que j’apprends quelque chose, que je découvre. Un artiste, une ville, une émotion. Mais le plus souvent, quelque chose sur moi-même. Et ce soir, j’aurais tellement envie de n’avoir plus de patron, mais une suite de contrats. Même si ce n’est pas facile, même s’il faut de la patience et de la persévérance. Je voudrais tellement que ce jour arrive. Enfin.

De voir qu’on peut être travailleur autonome et gagner sa vie, comme Jean-Marc, me pousse à continuer, moi qui ai commencé à tendre des perches à droite et à gauche. Si ça mord, je ne dépendrai plus que de moi-même, et ce serait ma plus grande liberté en dehors de celle de n’avoir personne qui dépende de moi.

Il paraît que rien n’arrive pour rien. Et si Jean-Marc était arrivé dans ma vie pour que me fasse ma place au soleil pour un jour lui faire un petit coucou à Profondeville ?

13 avril 2006

Et si on cuisinait ?

Enregistré dans : Le plaisir des papilles — Lali @ 18:59

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J’ai travaillé assez longtemps en librairie pour savoir que le rayon cuisine ne cesse de bouger, suivant la mode du moment, tout en conservant une place de choix à ses classiques. J’ai toujours aimé feuilleter les livres de recettes: un beau plat bien présenté est toujours appétissant. Mais je n’ai jamais été tentée par l’acquisition de livres de cuisine. Je n’en possède qu’un seul, d’ailleurs. Celui qui a servi à mes balbutiements culinaires quand j’avais quatorze ou quinze ans et que maman a bien voulu laisser partir avec moi.

Pourtant, je ne le consulte que rarement, puisque je connais la teneur des trois recettes qui me viennent de ce livre. Disons que c’est mon filet pour le jour où je ne me rappellerai plus comment préparer la goulash !!

En fait, ce que j’aime, c’est inventer des recettes. Il me semble que je l’ai toujours fait. Peut-être parce que j’ai assisté ma grand-mère quand elle faisait de la confiture de fraises ou des tartes aux pommes, alors que je n’avais que quatre-cinq ans. Ma grand-mère qui ne mesurait rien et qui ne perdait rien, non plus. D’ailleurs, j’avais baptisé un de ses plats “soupe aux cochonneries” et avais été dire à tout le voisinage que c’était ça qu’on mangeait chez nous. Je ne vous décrirai pas la tête de ma mère quand on avait demandé à ma mère la recette de ce plat typique, avec le nom que je lui avais donné. Tout ça pour dire que cette soupe n’était rien d’autre qu’un bouillon fait à partir des reliefs de dinde ou de poulet…

Je fais encore de la soupe de cette manière. Et le bouilon filtré, j’improvise. Je n’ai pas encore concocté deux soupes identiques. Mais c’est le saumon qui m’inspire le plus pour inventer. Je le regarde et hop, je sais ce que je vais en faire, alors qu’au départ je n’en savais rien. Ça arrive comme par enchantement. Ce soir, un peu de vinaigre balsamique à l’estragon, un peu d’huile d’olive, des herbes de Provence, et une cuisson au four. Un délice. Et pourtant, quand j’ai sorti le filet du congélateur à midi, je ne savais pas du tout si je la cuirais au four ou à la poêle, avec ou sans sauce, avec du riz ou avec des légumes.

J’aime ne pas suivre une recette et me laisser aller à mon imagination. Ma vie et mon rapport à l’écriture ressemblent à mon lien avec la cuisine. Une trame et rien de plus, jusqu’à ce que tout prenne sa place, parce que l’inspiration sera passée par là.

12 avril 2006

Le penseur de Rodin

Enregistré dans : Couleurs et textures — Lali @ 20:20

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Avril, il y a vint ans. Beau et chaud, comme à Montréal aujourd’hui. Mais c’est à Paris que j’étais. À me gaver de théâtre, d’arts et de musées. Le bonheur, quoi.

Et un des grands moments de ce périple a été la visite du Musée Rodin. Voir enfin autrement qu’en photo le Penseur, immense, sur un socle, dans le jardin, a été un grand moment. De ceux qui restent gravés, comme le sont les muscles et les traits dans la chair de pierre. Oui, j’ai été impressionnée par la sculpture du maître.

J’ai parcouru son jardin, fait le tour de sa maison/atelier qui a logé ses créations avant qu’elles ne partent ailleurs, dans des expostions, des musées, ou chez des particuliers.

J’ignore si le lieu agit sur le travail d’un artiste, mais j’imagine que oui. Ce que j’ai écrit ailleurs qu’ici, dans d’autres appartements, dans des cafés, dans d’autres villes, reflète parfois le lieu, mais pas toujours. On se nourrit à ce lieu qui nous voit vivre et créer. Il nous apporte plus que l’ambiance, et parfois même le détail qui crée l’unicité du projet artistique.

De me trouver dans ces lieux qui avaient abrité l’homme, ses sculptures et ses élèves, ne m’a pas révélé de grandes choses. C’est le jardin qui m’a plus parlé. Je voyais facilement l’homme aller respirer pour libérer ses poumons de la poussière de la pierre et s’imprégner de lumière qui m’a semblé très peu présente dans ce qui lui servait d’atelier.

Et malgré que le Penseur soit de toutes les culptures de Rodin probablement la plus connue, il n’en reste pas moins que c’est un monument et que le voir de près est quelque chose qui marque. À jamais.

11 avril 2006

Un projet qui devient réalité

Enregistré dans : États d'âme — Lali @ 8:34

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J’ai toujours aimé les cartes routières. Encore aujourd’hui, mon atlas n’est jamais loin et j’ai toujours une jolie collection de cartes. Les déplier, c’est déjà partir, d’une certaine façon.

En 1979, au cegep, j’ai suivi un cours de géographie du tourisme. Passionnant. Bien plus que les cours de biologie ou de chimie. Entre organiser un voyage et disséquer un rat, je préférais nettement le voyage ! Et j’ai mis beaucoup d’énergie et de temps pour ce travail final qui consistait à élaborer un voyage. Itinéraire, avion, location de voitures, hôtel, et tout le tralala. Des heures de bonheur à chercher. À lire.

J’avais choisi la Californie comme destination. Je calculais les distances, je choisissais les arrêts, les incontournables. Et bien que sérieuse et appliquée, je rêvais. Quand on a 17 ans, on rêve forcément de la Californie. Surtout à cette époque, je crois. C’était encore le nouveau monde et San Francisco la ville où tout était permis.

Jamais travail scolaire ne m’avait plus passionnée. J’avais emprunté des montagnes de livres à la bibliothèque, j’étais allée chercher des cartes au club automobile et des dépliants dans les agences de voyages.

J’étais vraiment fière de ma recherche et de mon projet. Mais le plus beau n’est pas là. Le meilleur moment, c’est ce dimanche soir, après souper, où papa avait lu avec attention l’itinéraire. Ses yeux brillaient, je m’en rappelle comme si c’était hier.

Et il avait proposé que nous allions à l’aéroport voir les avions décoller et atterrir, comme nous le faisions de temps en temps. Mais nous avons fait plus. Nous sommes rentrés avec des billets d’avion, Montréal-San Francisco et Los Angeles-Montréal. Il ne me restait qu’à m’occuper de réserver les hôtels.

Alors, chaque fois que je vois une carte, chaque fois que je rêve de San Francisco, je pense à la confiance de mes parents qui ont laissé entre les mains d’une jeune fille de 17 ans la préparation d’un voyage de A à Z. L’avant-dernier que nous avons fait en famille. Et celui qui allait marquer tous mes voyages à venir, puisque j’ai depuis cette date mis la même minutie dans mes préparatifs.

Tout compte fait, ma première vraie grande aventure, c’est celle-là. Et c’est avec ces mêmes 17 ans que je continue de préparer les prochaines.

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