Lali

4 janvier 2012

Le tatoueur de ciel

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:39

Ce n’était qu’un enfant. Un enfant enivré par la puissance. Un enfant qui un jour succéderait à son père, le plus puissant de tous. Et parce qu’il veut montrer à quel point il est fort, déjà, Nabo Junior va bouleverser la vie du royaume. Il va d’abord chasser les nuages qui font de l’ombre. Faire disparaître les oiseaux qu’il trouve trop bruyants. Faire tatouer le ciel de couleurs afin que son royaume profite d’un arc-en-ciel permanent.

Tout ça pour montrer sa puissance. En négligeant le fait qu’il a tout détruit autour de lui pour arriver à ce résultat. Mais il devra tout réparer, même si ça doit lui prendre le reste de sa vie, c’est ce que lui a ordonné son père en lui laissant les terres qu’il a mis peu de temps à dévaster.

Il est toujours plus long de reconstruire que de détruire. C’est ce que Le tatoueur de ciel raconte dans cet album plutôt sombre et avec lequel j’ai eu un peu de mal. Notamment lorsque sont tués tous les oiseaux et qu’on les voit, transpercés d’une flèche, aux pieds du jeune garçon. N’y aurait-il pas eu moyen d’épargner cette scène très violente pour de jeunes enfants? Voilà pourquoi je ne peux conseiller cet album.

3 janvier 2012

Les vers de Nâzim 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Point du jour

Dans la maison endormie ce matin,
la lumière qui entre par la fenêtre ouverte,
comme une étoile laissée là par la nuit.
J’ai descendu l’escalier tout doucement,
je suis allée par le jardin, vers le bois de hêtres,
dans la calme fraîcheur de cette aube,
dans les arbres, la tendresse d’une jeune mère.
Par le pont de pierre, passe et s’en va mon voyage.

Nâzim Hikmet, Il neige dans la nuit et autres poèmes

*choix de la lectrice de Peter Yesis

Une femme, des îles, un suicide

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 20:18

Avec L’immense abandon des plages, Mylène Durand signe un premier roman épistolaire et poétique où le drame n’a d’égal que le vent qui se lève sur les Îles-de-la-Madeleine où se déroule cette histoire qui traite de suicide, d’abandon, de résistance, de survie et d’amour.

Le suicide d’une femme qui se jette d’une falaise, comme dans le roman d’Olivier Adam, alors que ses enfants sont encore jeunes, est ici raconté mais jamais oublié. Ni ses filles, ni son fils ne pourront dépasser cet événement marquant, même si chacun tentera de le faire à sa façon. En quittant les îles. En contrant jour après jour l’océan. En cultivant l’image de la disparue.

On ne guérit pas d’une telle perte. Ceux qui se sont trouvés amputés de l’amour de leur mère par le geste définitif qu’elle a posé l’ont compris, à force de larmes et de distance. On ne peut qu’un jour partir. En laissant derrière soi l’immense abandon des plages, un vers de Marie Uguay, extrait de son très beau recueil L’outre-vie, cité en exergue.

L’immense abandon des plages : un roman où la force des vagues et du vent pousse les protagonistes à prendre le large en emportant ce qui n’a pas péri au large de leur amour.

Le roman a reçu le Prix Fiction 2009 du Salon International du Livre Insulaire de l’île d’Ouessant.

Titre pour le Défi Premier roman

2 janvier 2012

Les vers de Nâzim 2

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Pluies d’été

Comme une jeune mariée aux cheveux blonds,
fils d’argent et paillettes, scintillent au soleil les pluies.
La sérénité des tuiles mouillées
peu à peu me pénètre :
j’attends.

Nâzim Hikmet, Il neige dans la nuit et autres poèmes

*choix de la lectrice de Marie-Augustin Zwiller

Quand Anna riait

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:11

Souvent, il m’arrive de reprocher à certains auteurs de romans destinés aux jeunes d’un peu trop arranger les choses pour que toutes les difficultés soient contournées en deux temps trois mouvements et afin que ça finisse bien. Or, je n’ai que des louanges à faire à Yaël Hassan pour son très beau roman Quand Anna riait qui met en scène cousin et cousine à la recherche d’Anna, mentionnée dans le journal de leur grand-père trouvé dans une caisse au grenier en même temps qu’une photo d’eux deux, souriants.

Le grand-père de Simon et de Déborah avait quinze ans quand il a connu Anna, en 1941, alors qu’elle et sa mère, venues de Pologne, se sont réfugiées à Paris. Tout de suite, il s’est épris d’elle, mais Anna a fait partie de ces milliers de Juifs conduits au Vél’ d’Hiv, et de là à Drancy et dans les camps de la mort. C’était le 16 juillet 1942.

Et après? Qu’est-il arrivé à Anna? Simon et Déborah ne peuvent se contenter de cette fin où Anna n’est jamais revenue, où année après année le 16 juillet leur grand-père est retourné dans le quartier de son enfance et de son adolescence. Il leur faut aller plus loin. Trouver la vérité.

Superbe histoire dont j’ai lu, haletante, chacune des pages, espérant que ça finirait bien, tant je me sentais complice de Simon et de Déborah. J’ai fermé le livre en larmes. Oui, Quand Anna riait finit bien.

Voilà parmi les romans jeunesse sur ce sujet pas toujours facile à aborder, une belle leçon doublée d’une histoire où l’amour est au premier plan, autant celui qui unit un jeune homme et une jeune fille que celui qu’éprouvent enfants et petits-enfants pour ce vieil homme qui fait figure de héros.

« Page précédentePage suivante »